Art contemporain : face au Covid-19, le virage numérique des galeries africaines

Roxana Azimi, Le Monde, January 20, 2021

[...] « C’est mort de chez mort », se désole la galeriste tunisienne Aïcha Gorgi, basée à Sidi Bou Saïd. Dans ce charmant village bleu et blanc perché sur les hauteurs de Carthage, rien n’est plus comme avant depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19. « Ma dernière exposition remonte à février dernier. L’activité est presque à l’arrêt », soupire cette femme de tête, dont le chiffre d’affaires a plongé de 70 % en 2020.

 

Le plus désespérant, dit-elle, c’est de ne plus réussir à vendre ses plus jeunes artistes. Incertitude oblige, les rares collectionneurs tunisiens encore actifs préfèrent se reporter sur les valeurs sûres. « Heureusement que je suis propriétaire des murs de ma galerie », glisse-t-elle, soulagée d’avoir pu préserver ses deux salariés.

 

En Tunisie comme ailleurs en Afrique, les galeries ne jouissent pas de filets de sécurité, comme le gel des loyers ou le report des cotisations sociales. L’annulation en chaîne des foires leur a aussi porté un coup sévère. Seul le salon 1-54, spécialisé dans les artistes du continent, est parvenu à passer entre les gouttes, en octobre à Londres. [...]

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